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Un logement qui ne redescend pas sous 30 °C la nuit ne laisse à personne le temps de récupérer. C’est le seul argument sanitaire que nous avancerons ici, et il se vérifie avec un thermomètre.
Nous vendons et posons des machines : nous avons donc intérêt à ce que vous en achetiez une. Vous lirez quand même ici ce que nous déconseillons, y compris quand cela nous coûte une vente.
Pour équiper votre logement : la climatisation réversible et le devis en ligne en 24 h ouvrées.
Ce qui a changé, c’est la nuit
Le pic de l’après-midi n’est pas le vrai sujet. Ce qui épuise, c’est la nuit qui ne rafraîchit plus. Quand la température extérieure ne redescend pas sous 20 °C — on parle alors de « nuit tropicale » —, l’organisme perd la fenêtre pendant laquelle il évacue la chaleur accumulée dans la journée. Plusieurs nuits d’affilée sans ce répit, et ce sont d’abord les personnes âgées, les nourrissons, les femmes enceintes et les personnes suivies pour une pathologie chronique qui en souffrent. Santé publique France a chiffré la mortalité attribuable à la chaleur de l’été 2025 à environ 5 700 décès.
Ce chiffre dit qu’il y a un problème. Il ne dit pas quoi faire de votre logement.
Sur les douze études de dimensionnement de notre registre, cinq portent une ligne d’inconfort d’été, et quatre la chiffrent : 31 °C dans une chambre sous toiture parisienne (étude n° 101), 30 °C en soirée dans un séjour exposé ouest à Issy-les-Moulineaux (n° 111), 29 °C côté sud dans une barre des années 60 à Créteil (n° 104). La cinquième se contente de « surchauffe des chambres à l’étage », sans relevé : c’est honnête, mais ça ne dimensionne rien. Le chiffre le plus haut vient d’un studio de 28 m² sous une toiture zinc du 18ᵉ arrondissement.
34 °C
relevés à 20 h dans ce studio, lors d’un épisode de juillet — la chaleur emmagasinée par la toiture métallique ressort le soir, quand il faudrait dormir.
Source : Étude de dimensionnement n° 106, registre Tabitoo
Une pièce plutôt qu’un logement
La recommandation des autorités sanitaires en période de canicule tient en une phrase : passer quelques heures par jour dans un endroit frais. Elle ne dit pas de climatiser 90 m². Elle dit qu’il faut un endroit où se replier, et pour une nuit de canicule, cet endroit est la chambre.
C’est aussi la position que nous défendons quand le budget est serré. Sur l’étude n° 109, une maison de ville de 90 m² à Montreuil, le choix était binaire : traiter trois pièces correctement ou six approximativement. L’étude chiffre les trois pièces réellement occupées, laisse les autres en électrique direct, et pose le coût du complément — 2 640 € TTC — noir sur blanc pour plus tard. Même logique à Créteil : le séjour et deux chambres passent en PAC, la cuisine et la salle d’eau restent en convecteurs, et c’est écrit sur le devis. Un installateur qui vous annonce une économie globale sans préciser quelles pièces il équipe vous vend un chiffre qu’il ne pourra pas tenir.
— Règle de chiffrage du bureau d’étudesUne installation partielle assumée vaut mieux qu’une installation complète sous-dimensionnée.
Sous une toiture zinc, l’été commande
Onze fois sur douze dans notre registre, c’est l’hiver qui fixe la puissance : on calcule la déperdition, on corrige, on retient une puissance commerciale, et la capacité de rafraîchissement suit. L’étude n° 106 est la seule exception, et elle mérite d’être détaillée parce qu’elle décrit exactement le logement qui souffre en août.
Vingt-huit mètres carrés au dernier étage, toiture zinc non isolée, exposition plein sud. Le calcul de chauffage donne 3,2 kW de déperdition brute. La charge estivale sous une toiture métallique majore le besoin de 45 % : on arrive à 4,6 kW, et nous retenons 5 kW. Un dimensionnement fait sur le seul besoin d’hiver aurait produit une machine de 3,5 kW, suffisante pour chauffer et incapable de tenir 26 °C au mois d’août. Sur ce logement, nous écrivons dans le devis laquelle des deux saisons commande la puissance. C’est une ligne que personne ne lit — jusqu’au jour où elle explique pourquoi la machine tient.
L’erreur inverse est plus fréquente : dans ce registre, elle revient deux fois. Sur une maison RT 2012 de Massy (n° 105), le réflexe du « 100 W/m² » conduit à proposer 10 kW là où 3,5 suffisent. Sur l’appartement haussmannien du 11ᵉ, deux devis concurrents chiffraient 9 kW en ignorant que trois façades sur quatre donnent sur des logements chauffés : la machine, surdimensionnée de 80 %, aurait fait du cycle court — démarrage, consigne atteinte en trois minutes, arrêt, redémarrage. Le compresseur s’use, la facture monte et le confort se dégrade. La bonne machine est presque toujours plus petite que celle qu’on vous propose.
Et le climatiseur mobile ?
Un monobloc mobile évacue sa chaleur par une gaine passée dans une fenêtre entrouverte. Il rejette de l’air chaud dehors, et la dépression qu’il crée dans la pièce fait rentrer de l’air extérieur par toutes les ouvertures et tous les défauts d’étanchéité. Une partie du travail fourni est annulée en continu.
L’étude n° 111 part de là : un séjour à 30 °C en soirée et un climatiseur mobile décrit comme bruyant et peu efficace. Le split fixe règle les deux points. En échange, il impose une unité extérieure — sur balcon dans ce cas, avec une contrainte acoustique de voisinage à traiter dès l’étude.
Le budget, aides déduites
Un mono-split posé démarre à 2 070 € TTC. Deux ou trois pièces traitées se situent entre 3 570 et 6 370 € TTC selon la configuration et la difficulté de pose. Ce sont des ordres de grandeur, pas un prix : c’est l’étude qui décide.
Côté consommation, le registre ne nous donne que deux repères chiffrés. Le studio du 18ᵉ revient à environ 0,38 €/h en fonctionnement, et la machine ne tourne pas en continu : elle module et s’arrête. Sur l’appartement du 11ᵉ, la saison estivale complète représente environ 210 kWh pour tenir 24 °C en chambre, soit un peu plus de 50 € au prix du kWh que retient notre simulateur.
Deux dispositifs s’appliquent à une PAC air-air réversible, et deux seulement :
- les CEE, jusqu’à 1 700 €, versés sous condition de recourir à un installateur RGE ;
- la TVA à 5,5 % sur l’installation, depuis l’arrêté du 13 juillet 2026 entré en vigueur le 18. Le taux réduit est conditionnel : split fixe fourni et posé par un professionnel, logement achevé depuis plus de deux ans, classe énergétique et fluide conformes, pilotage à distance, et un appareil d’au plus 12 kW — au-delà, c’est le taux normal de 20 % qui s’applique. L’entretien et le dépannage, eux, restent taxés à 10 % — ce sont des prestations d’entretien, pas de rénovation énergétique.
MaPrimeRénov’ ne finance pas la climatisation réversible. Aucune exception, quels que soient vos revenus et quel que soit le chauffage remplacé : ce dispositif vise la PAC air-eau. Si un devis vous annonce le contraire, c’est un motif suffisant pour l’écarter. Le périmètre officiel des gestes financés est publié par le service public France Rénov’, et notre page dédiée aux aides reprend ce que cela change sur un chiffrage.
Posez en mars, pas en juillet
Chaque année, les demandes arrivent avec la vague de chaleur, et partout en Île-de-France au même moment. Notre seul délai chiffré porte sur l’autre pic, celui de l’hiver : l’étude n° 110 décrit un remplacement de chaudière gaz anticipé plutôt que subi — étude en octobre, pose planifiée en mars — et l’attente tombe de neuf semaines à trois pour le même matériel. Nous n’avons pas l’équivalent pour un mois de juillet. Le mécanisme, lui, ne change pas : commander hors pic, c’est choisir sa machine au lieu de prendre ce qui reste en stock.
En copropriété, l’écart se creuse encore. L’unité extérieure du studio du 18ᵉ se pose en console en façade sur cour ; celle de l’appartement du 11ᵉ va en cour intérieure, sur plots anti-vibratiles. Les deux touchent une partie commune, donc les deux passent par une autorisation de la copropriété. Et un vote d’assemblée générale ne s’obtient pas au mois de juillet — nous avons écrit un article entier sur les autorisations en copropriété.
Trois gestes qui ne coûtent rien :
- volets et fenêtres fermés dès le matin, rouverts quand l’air extérieur est redescendu sous la température intérieure ;
- une consigne à 26 °C plutôt qu’à 20 °C, et la porte de la pièce traitée fermée ;
- le filtre de l’unité intérieure nettoyé avant l’été — un filtre encrassé fait chuter le débit d’air, donc la puissance disponible au moment où vous en avez besoin.
Faire étudier votre logement hors saison
Étude de dimensionnement systématique, remise avec le devis chiffré en 24 h ouvrées.
Ce qu’une climatisation ne fait pas
Elle ne répare pas une toiture. Sous le zinc de l’étude n° 106, la machine compense un défaut qu’elle ne corrige pas, et quand la toiture appartient à la copropriété, l’occupant n’a pas la main dessus : nous posons, et nous le disons. Sur le chauffage, notre règle est plus tranchée — nous refusons de poser une PAC air-eau sur des combles non isolés, parce que poser sans isoler revient à acheter de la puissance inutile, et à la payer deux fois : à l’achat, puis chaque hiver.
Nous ne savons pas dire à quoi ressemblera l’été prochain, et personne ne le sait. Ce que nous savons tenir, c’est qu’une machine dimensionnée sur un relevé plutôt que sur un ratio garde sa consigne en pointe, et qu’une installation suivie a moins de chances de lâcher au mauvais moment — c’est tout l’objet du contrat d’entretien.
Bureau d’études Tabitoo
Dimensionnement et suivi de chantier
Les équipes Tabitoo Energies conçoivent chaque installation après une étude de dimensionnement systématique. Nous documentons ici notre expertise pour vous aider à décider en connaissance de cause, sans jargon inutile.
