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« Est-ce que j’ai le droit ? » En appartement, cette question arrive avant celle du prix. La réponse est presque toujours oui.
Le vrai sujet n’est pas le droit, c’est le calendrier : une assemblée générale se tient le plus souvent une fois par an, et un projet qui la découvre le devis déjà signé perd douze mois. Voici l’ordre dans lequel prendre les démarches, ce qui fait perdre un vote, et ce dont le décret du 20 février 2026 vient de dispenser.
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Deux autorisations, pas une
Deux régimes indépendants s’appliquent, et obtenir l’un ne dispense jamais de l’autre :
- Le droit de la copropriété règle votre rapport aux autres copropriétaires : qui décide de ce qui touche aux parties communes.
- Le droit de l’urbanisme règle votre rapport à la commune : ce qu’elle accepte de voir changer dans le paysage bâti.
Un vote favorable en assemblée ne vaut pas autorisation d’urbanisme ; une dispense d’urbanisme ne vous autorise pas à percer une façade commune.
Quand faut-il passer devant l’assemblée ?
Dès que l’unité extérieure touche une partie commune ou modifie l’aspect de l’immeuble : fixation en façade, pose sur un balcon, en loggia, en toiture-terrasse, traversée d’un mur porteur pour les liaisons frigorifiques — les deux tubes de cuivre entre l’unité extérieure et les unités intérieures. En appartement, cela couvre à peu près tout.
Y compris ce à quoi on ne pense pas : une gaine technique existante ne vous met pas à l’abri. Une gaine commune reste une partie commune, et son usage s’autorise, il ne se constate pas. Sur l’étude n° 107, un duplex de faubourg à Boulogne-Billancourt, c’est le cheminement retenu entre les niveaux : il figure dans les contraintes de pose.
Le vote relève de l’article 25, point b), de la loi du 10 juillet 1965 : la majorité des voix de tous les copropriétaires, présents, représentés et absents. Pas la majorité des présents. Un copropriétaire qui ne vient pas et ne donne pas pouvoir pèse contre vous sans le savoir — d’où l’intérêt de préparer la résolution bien avant la convocation.
Ce qui se joue vraiment dans la salle
Le bruit. Le reste vient après.
Une objection esthétique se négocie. Une objection sonore, elle, touche au sommeil du voisin du dessus, et personne ne vote pour ça. Le chiffre de la fiche technique ne tranche rien : la gêne dépend de l’implantation, de la distance aux fenêtres voisines et des plots anti-vibratiles, qui désolidarisent la machine de la structure. L’étude n° 101, un haussmannien du 11ᵉ dont l’unité se pose en cour, inscrit ces plots au même rang que l’accord de copropriété. Ce n’est pas une finition de confort.
Trois autres objections reviennent en assemblée. Aucune n’est imparable.
- L’esthétique. Un plan coté qui montre que rien ne se voit depuis la rue vaut mieux qu’une phrase rassurante.
- Le précédent — « si on vous l’accorde, il faudra l’accorder à tous ». Une assemblée accepte plus volontiers une autorisation encadrée : emplacement imposé, teinte définie, plafond sonore. Proposez ce cadre vous-même. Nous le conseillons systématiquement, y compris quand il complique notre propre pose.
- La responsabilité. Écrivez la remise en état et la couverture assurantielle dans le texte de la résolution.
Ce qu’on met dans un dossier qui passe
Quatre pièces, pas une de plus.
- Un plan d’implantation coté : dégagements d’air autour de l’unité, distance aux ouvrants voisins.
- La fiche technique, niveau de puissance acoustique en évidence.
- Le mode de fixation — console murale, plots, socle — et le traitement des vibrations.
- Le cheminement des liaisons, du départ à l’arrivée, avec les parties communes traversées nommées une à une.
Un mot sur les saignées. Un règlement de copropriété peut les interdire en façade, et une assemblée qui hésite les refuse volontiers. Ce n’est pas bloquant : sur l’étude n° 104, une barre des années 60 à Créteil, les liaisons passent en goulotte alignée sur le nu du mur, précisément parce qu’aucune saignée n’y est autorisée. La goulotte demande plus de soin. Elle passe là où l’autre est refusée.
Notre relevé en ligne vous demande votre situation vis-à-vis de la copropriété, la longueur de liaison estimée et une photo de l’emplacement envisagé. C’est ce qui nous permet de sortir ces pièces avec le devis, et non trois semaines plus tard.
Un dossier technique pour votre assemblée générale
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Le décret du 20 février 2026
Par défaut, les travaux qui modifient l’aspect extérieur d’un bâtiment existant sont soumis à déclaration préalable, au titre de l’article R.421-17 du code de l’urbanisme. Une unité visible depuis la rue entre dans ce champ.
Le décret n° 2026-117 du 20 février 2026 change la donne pour les travaux entrepris à compter du 1er mars 2026 : l’article R.421-13 dispense de toute formalité l’implantation en façade d’une pompe à chaleur, lorsqu’elle n’est visible « ni depuis le domaine public, ni depuis une voie ouverte au public, ni depuis un autre immeuble disposant d’une vue sur l’installation ».
En Île-de-France, cela vise d’abord les poses en cour intérieure, l’implantation que nous retenons le plus souvent en immeuble ancien. L’étude n° 106, un studio sous toiture zinc dans le 18ᵉ, prévoit une console en façade sur cour : le cas d’école.
La zone grise, et ce que nous en faisons
Le troisième critère nous gêne. Dans une cour parisienne, les fenêtres d’en face disposent bien d’une vue sur l’installation — au sens ordinaire du mot, en tout cas. La dispense ne jouerait donc presque jamais à Paris ? Nous ne savons pas comment les services instructeurs liront ce point.
Notre règle en attendant : quand la visibilité prête à discussion, on dépose une déclaration préalable et on annonce le délai plutôt que de parier. Une remise en état imposée après coup se paierait autrement plus cher.
Votre PLU peut être plus dur que le décret
La dispense nationale ne dit rien de ce que votre commune, elle, accepte de voir. Trois exemples, pris dans les règlements en vigueur.
À Boulogne-Billancourt comme à Issy-les-Moulineaux, le PLUi de Grand Paris Seine Ouest dispose que « les dispositifs de type climatiseurs et unités de pompe à chaleur doivent être non visibles depuis les voies » : façade arrière ou latérale, encastrés ou masqués. À Argenteuil, le PLUi de Boucle Nord de Seine les exclut carrément des façades — reste la toiture-terrasse, avec un retrait au moins égal à la hauteur de l’appareil. À Vincennes, dans le site patrimonial remarquable, le règlement interdit le climatiseur accroché en façade ou en pignon, sans nuance.
Deux tiers
du territoire de Vincennes couverts par le site patrimonial remarquable, où la Ville recense un millier d’adresses protégées.
Source : Ville de Vincennes
Ouvrez le règlement de votre zone avant d’arrêter l’emplacement : choisi trop vite, il se déplace rarement sans dépose.
Quand l’ABF entre dans le circuit
Aux abords des monuments historiques et dans les sites patrimoniaux remarquables, l’avis de l’Architecte des Bâtiments de France conditionne l’autorisation et allonge l’instruction. Le périmètre n’a rien d’anecdotique : Versailles et Saint-Germain-en-Laye comptent parmi les communes les plus contraintes de la région, le château de Vincennes génère son propre périmètre d’abords dans le Val-de-Marne, et les centres-bourgs anciens du Val-d’Oise sont visés au même titre.
Nous ne savons pas annoncer ce délai à la semaine près. Ce que nous savons faire : l’inscrire au planning dès le devis, et présenter un projet qui donne prise à un avis favorable — implantation retirée de la vue depuis la voie, intégration au bâti plutôt que console apparente. L’étude n° 108, une longère de Saint-Germain-en-Laye, prévoit ainsi l’unité derrière un claustra bois, dégagement d’air conservé.
Un refus fondé sur le désaccord de l’ABF ne clôt d’ailleurs pas la partie : le pétitionnaire peut saisir le préfet de région, dont l’avis se substitue à celui de l’architecte. Nous ne le présentons jamais comme une formalité — c’est un recours, avec son propre délai.
Paris a ses propres règles
La Ville publie ses règles pour les climatiseurs, que le PLU bioclimatique durcit sur deux points :
- Il préconise de privilégier les systèmes de climatisation collectifs plutôt que les unités individuelles.
- Une unité individuelle ne peut pas être implantée en façade sur rue : l’emplacement doit s’intégrer au bâti.
Sur la préconisation collective, autant être franc : elle a raison sur le papier, puisqu’un équipement collectif se dimensionne mieux et se voit moins. Elle suppose en revanche un vote, un budget et une maîtrise d’ouvrage qui ne s’improvisent pas dans l’été où un occupant ne dort plus. Nous ne conseillons à personne d’attendre un projet collectif hypothétique : faites cadrer votre pose individuelle par l’assemblée.
Le portail des règles d’urbanisme de la Ville donne, adresse par adresse, ce qui s’applique chez vous. C’est le premier geste à faire — avant même de demander un devis, et le premier que nous faisons sur nos projets parisiens.
Refusé en assemblée. Et ensuite ?
Lisez ce que le procès-verbal reproche : c’est rarement le principe, presque toujours un point précis. Vérifiez ensuite le décompte des voix. Si la résolution a recueilli au moins le tiers des voix de tous les copropriétaires, l’assemblée peut procéder aussitôt à un second vote, à la majorité simple — c’est l’article 25-1. Demandez-le en séance : une fois l’assemblée close, il faut attendre la suivante.
Sinon, trois voies. Revenir au tour d’après avec le projet corrigé, en répondant nommément à l’objection votée. Déplacer l’unité — cour, loggia fermée, toiture — ce qui lève parfois l’objection esthétique sans toucher au dimensionnement, mais allonge la liaison et se chiffre ; nous le disons avant, pas après. Ou, quand la demande est partagée, faire porter par la copropriété une autorisation-cadre valable pour tous les lots — la direction que privilégie le PLU parisien.
Ce que le Sénat vient de voter — et ce qui ne s’applique pas encore
La canicule de juin 2026 a mis le sujet sur la table du législateur. Le 8 juillet, le Sénat a adopté en première lecture le projet de loi de relance du logement, avec une disposition qui nous concerne directement : l’extension de la « clause passerelle » aux systèmes de refroidissement. Si un vote d’installation échoue à la majorité de l’article 25, une nouvelle assemblée pourrait statuer, elle, à la majorité simple de l’article 24 — un second tour à une barre nettement plus accessible.
Deux précisions, parce qu’on lit déjà beaucoup d’approximations sur ce vote. D’abord, rien de tout cela ne s’applique aujourd’hui : le texte poursuit son parcours parlementaire et sa rédaction peut encore changer — les règles décrites plus haut restent le droit en vigueur. Ensuite, même adoptée, cette passerelle n’autoriserait pas à se passer d’un vote : elle abaisserait la majorité du second, pas l’exigence d’en passer par l’assemblée.
Notre conseil ne change donc pas d’un millimètre : un dossier technique qui répond d’avance aux objections vaut mieux qu’un espoir de loi. Mais si votre premier vote a échoué de peu, ce calendrier parlementaire est une vraie raison de retenter au prochain tour plutôt que d’abandonner.
À garder sous la main
| Dispositif | Montant | Équipement |
|---|
Aucune de ces démarches n’est rédhibitoire. Elles demandent d’être engagées dans le bon ordre et assez tôt pour ne pas manquer l’assemblée de l’année : c’est la seule partie du projet qu’on ne rattrape pas en accélérant la pose. Et ne démarrez rien sans l’autorisation en main.
Ensuite, tout redevient technique : le dimensionnement pièce par pièce, les aides mobilisables — certificats d’économies d’énergie jusqu’à 1 700 € et TVA à 5,5 % sur l’installation d’une climatisation réversible, MaPrimeRénov’ selon vos revenus si le projet porte sur une pompe à chaleur air-eau — puis la pose. Les études d’appartement de notre registre tiennent en un à trois jours, selon le nombre d’unités intérieures et la longueur des liaisons.
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Bureau d’études Tabitoo
Dimensionnement et suivi de chantier
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