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Une pompe à chaleur air-air prend dehors la chaleur qui existe déjà, la concentre et la fait entrer dans la pièce. En août, elle fait le trajet dans l’autre sens.
Le principe se décrit en quelques lignes. Le reste demande un peu d’attention : deux ou trois chiffres à savoir lire, et une habitude à repérer sur les devis, celle de proposer une machine trop grosse, que le registre de nos études documente.
La machine déplace la chaleur
Tant qu’il n’est pas au zéro absolu, l’air extérieur contient de l’énergie thermique, et à −5 °C il en contient encore beaucoup. Le travail de la machine consiste à récupérer cette énergie diffuse et à la remonter à une température utilisable dans une pièce.
Le circuit est fermé et le fluide frigorigène qui y tourne change d’état deux fois par tour. Il s’évapore dehors, à basse pression, en prenant la chaleur de l’air (c’est pour cette raison que l’unité extérieure givre par temps humide et se dégivre toute seule de temps en temps). Le compresseur l’écrase ensuite, la pression monte et la température avec elle. Le fluide se condense côté intérieur, cède sa chaleur à l’air de la pièce, se détend, repart faire un tour. L’électricité sert à faire tourner le compresseur et les ventilateurs, et rien d’autre.
1 kWh → 3 à 4 kWh
Ordre de grandeur d’une PAC air-air performante : un kilowattheure d’électricité consommé pour trois à quatre kilowattheures de chaleur restitués.
Source : Coefficient de performance (COP / SCOP)
Le fluide compte. Le règlement européen F-Gas organise la sortie des gaz de synthèse à fort pouvoir de réchauffement et commande donc ce qui se pose aujourd’hui. Nous proposons le R290, un fluide naturel, dès la gamme Confort ; le sujet a son propre dossier, et il a une conséquence fiscale que vous verrez plus bas.
Une vanne inverse le cycle
En chauffage, l’unité extérieure joue l’évaporateur et l’unité intérieure le condenseur. En rafraîchissement, une vanne d’inversion échange les deux rôles : l’unité intérieure prend la chaleur de la pièce, l’unité extérieure la lâche dehors. Le compresseur, le fluide et les liaisons frigorifiques restent les mêmes.
L’équipement sert donc douze mois par an, et son dimensionnement doit couvrir deux besoins avec une seule puissance.
Le SCOP sort d’un laboratoire
Le COP est un rendement instantané, mesuré dans des conditions données. Le SCOP couvre une saison de chauffe entière, redoux et jours à −5 °C compris, et c’est lui qui ressemble à votre facture. Côté été, le même exercice s’appelle SEER.
Ces valeurs sortent d’un essai normalisé. Elles ignorent la longueur de la liaison frigorifique, la qualité du tirage au vide, la charge exacte de fluide, la place de l’unité intérieure dans la pièce et le réglage de la régulation. Ces points-là se jouent le jour de la pose, quand la référence est choisie depuis longtemps.
Faut-il pour autant payer le SCOP le plus élevé de la gamme ? Sur une chambre occupée quelques heures par jour, l’écart de prix entre deux classes met très longtemps à revenir. Dans un séjour chauffé tout l’hiver, le calcul change. Nous vous disons dans lequel des deux cas vous êtes.
Deux études de surdimensionnement
Le point de départ d’un calcul, c’est un ratio : tant de watts par mètre carré selon l’isolation. Cent watts pour un logement mal isolé, quarante-cinq pour un logement rénové, ce sont les bornes de notre propre barème. Le ratio est une première ligne ; le problème commence quand un devis s’arrête là.
Sur l’étude n° 105, une maison RT 2012 de 105 m² à Massy, le réflexe du 100 W/m² mène à 10 kW. Le calcul corrigé des apports solaires et internes donne 4,1 kW, et la puissance retenue est de 3,5, presque trois fois moins que le ratio.
L’étude n° 101, un haussmannien de 68 m² dans le 11ᵉ, part du ratio surfacique : 7,6 kW, que l’arrondi au cran supérieur porte à 9 kW. Trois de ses quatre parois donnent sur des logements chauffés et ne déperdissent pas. Besoin corrigé, 4,9 kW ; machine retenue, 5 kW. Les 9 kW font 80 % de trop.
Une machine trop grosse coûte plus cher à l’achat, puis à l’usage. Elle atteint la consigne en trois minutes, s’arrête et redémarre : c’est le cycle court, qui use le compresseur et fait monter la consommation. Une machine à la bonne taille passe l’essentiel de l’hiver à moduler à bas régime, ce que les compresseurs à inverter font bien.
Sur ces deux études, la machine retenue fait entre le tiers et un peu plus de la moitié de ce que donnait le ratio.
Les corrections qui reviennent le plus souvent dans nos calculs :
- La mitoyenneté. Selon le nombre de parois communes, nos études retranchent jusqu’à 35 % de la déperdition théorique. Un appartement d’étage courant n’a que deux ou trois parois qui donnent sur l’extérieur ; les autres ouvrent sur des logements chauffés, qui ne lui prennent rien.
- La charge d’été. Elle majore le besoin : +15 % sur l’étude n° 111 à Issy-les-Moulineaux, dont le séjour prend le soleil de 15 h à 21 h ; +45 % sous le zinc du studio parisien cité plus haut, où l’été commande la puissance avant l’hiver.
- Le volume réel. Sous les 3,10 m de plafond de l’étude n° 108, une longère de Saint-Germain-en-Laye, le calcul surfacique ignore près d’un quart du volume. Il faut le rattraper à la main.
Toutes les études du registre sont publiées en entier, avec la déperdition brute, les corrections appliquées et la puissance retenue.
Le nombre de pièces équipées
Un mono-split, c’est une unité extérieure pour une unité intérieure, donc une pièce. Un multi-split fait tourner plusieurs unités intérieures sur une seule unité extérieure, ce qui évite d’aligner les caissons en façade, argument décisif en copropriété. Une variante gainable, quand les combles le permettent, distribue par bouches et ne laisse rien voir.
Une PAC air-air ne chauffe que les pièces où elle souffle, et beaucoup de devis ne précisent pas lesquelles.
L’étude n° 104 porte sur 75 m² à Créteil, dans une barre de 1966 chauffée par six convecteurs. Remplacer ces convecteurs par une PAC air-air divise la consommation par trois environ, mais sur les pièces réellement équipées. L’étude traite le séjour et deux chambres, laisse la cuisine et la salle d’eau en électrique direct, et annonce le résultat à l’échelle du logement : 8 100 kWh avant, 4 100 après, soit 2 025 € ramenés à 1 025 € par an au prix du kWh retenu dans notre simulateur. Le logement entier consomme donc deux fois moins, et l’étude liste les pièces qui restent en électrique. Pour vos économies calculées sur votre facture, partez de vos kWh de l’an dernier.
L’étude d’Issy pose un autre problème. Un logement traversant a une façade est et une façade ouest, qui n’ont ni le même besoin ni le même horaire de pointe. Une seule grosse unité au milieu ne peut pas suivre les deux ; deux unités pilotées séparément, avec des consignes différentes, consomment moins. Le calcul y ramène 5 900 kWh à 3 000.
Côté budget, un mono-split posé démarre à 2 070 € TTC. Pour un multi-split de deux à trois pièces, comptez de 3 570 à 6 370 € TTC, l’écart tenant à la puissance et à la difficulté de pose. Le simulateur chiffre votre configuration en deux minutes, aides estimées, et notre page climatisation réversible décrit les gammes.
Ce qu’elle ne fera pas
Elle chauffe de l’air. Le plancher chauffant hydraulique, les radiateurs à eau et l’eau chaude sanitaire relèvent de la pompe à chaleur air-eau.
Son rendement baisse quand la température extérieure descend, au moment où le besoin monte. En Île-de-France, nous calculons sur une température de base de −7 °C, et de −8 °C dans l’est francilien, plus exposé. Cela se traite au dimensionnement.
Elle a besoin d’une unité extérieure, et c’est là que le projet coince le plus souvent. Accord de copropriété, support qui ne transmette pas les vibrations, niveau sonore tenable pour les fenêtres d’en face : nos études le notent au cas par cas, plots anti-vibratiles et accord de copropriété pour la cour du 11ᵉ, contrainte acoustique de voisinage sur le balcon d’Issy, liaisons en goulotte à Créteil parce qu’aucune saignée n’est autorisée en façade.
Enfin, elle ne rattrape pas une isolation absente. Sur l’étude n° 103, un pavillon de Chelles chauffé au fioul (une air-eau), isoler les combles avant la pose fait tomber le besoin de 14,9 à 11,6 kW, et la machine retenue est plus petite, donc moins chère. En air-eau, nous ne proposons pas de pose sous des combles non isolés ; en air-air, l’étude n° 106 montre ce que coûte, l’été, une toiture qu’on ne peut pas isoler.
Les CEE et le taux de TVA
Les certificats d’économies d’énergie couvrent la climatisation réversible d’au plus 12 kW posée par un professionnel ; la fiche n’exige pas la qualification RGE, celle de l’entreprise d’installation partenaire qui pose, nommée sur le devis (QualiPAC). Leur montant suit le type de logement, la zone climatique et la surface chauffée par la machine, au prix que fixe l’acheteur des certificats : notre estimation va de 80 € pour un deux-pièces de 55 m² à 320 € pour une maison de 100 m² équipée dans quatre pièces, et les CEE vont jusqu’à 810 € pour une grande maison francilienne chauffée sur plus de 130 m² chez un ménage très modeste. Au-delà de 12 kW, aucune fiche ne s’applique. La prime CEE se demande auprès d’un organisme signataire du dispositif, au plus tard quatorze jours après la signature du devis et avant le début des travaux : c’est une condition pour l’obtenir. Depuis l’arrêté du 13 juillet 2026, entré en vigueur le 18, l’installation d’un split fixe en rénovation relève de la TVA à 5,5 %. Jusque-là, la pose était taxée à 10 % et le matériel à 20 %.
Tabitoo Energies, en franchise en base, ne facture pas de TVA (art. 293 B du CGI). Chez un installateur qui facture la TVA, ce taux réduit est conditionnel, et un devis doit dire pourquoi il l’applique : logement achevé depuis plus de deux ans, pose par un professionnel, mono-split de classe A++ ou multi-split A+ au minimum jusqu’à 12 kW, efficacité saisonnière d’au moins 145 % en chauffage et 250 % en froid au-delà, fluide conforme au règlement F-Gas et appareil pilotable à distance. Qu’une seule de ces conditions manque, et la loi fait passer le matériel au taux normal de 20 % ; la pose reste à 10 % si le logement a plus de deux ans. Le CGI laisse l’entretien et le dépannage à 10 % : le taux réduit couvre les travaux d’installation, la maintenance relève d’un autre régime.
MaPrimeRénov’ ne couvre pas ce type d’équipement, quelle que soit votre situation. Si un devis vous en promet sur une climatisation réversible, il est faux, et le reste à charge annoncé avec lui aussi. Le détail des dispositifs pour chaque produit est sur notre page dédiée.
Avant de signer
Quatre choses à réclamer, dans cet ordre :
- la note de dimensionnement complète, déperdition brute et corrections appliquées, en plus de la puissance finale ;
- la liste des pièces traitées, et celle des pièces qui ne le seront pas ;
- la puissance, la performance (classe énergétique jusqu’à 12 kW, efficacité saisonnière au-delà) et le fluide de l’appareil, qui commandent la prime CEE et, chez un installateur qui facture la TVA, le taux appliqué ;
- le montant estimé des CEE, séparé du prix que vous signez.
Sans le premier point, les trois autres ont peu d’intérêt : personne ne peut chiffrer une installation qu’il n’a pas calculée.
La puissance calculée avant le prix
Calcul de dimensionnement joint au devis, aides estimées, prix TTC. Réponse en 24 h ouvrées.
Sujets abordés : PAC air-air, climatisation réversible, COP, SCOP, fonctionnement, chauffage
Tabitoo Energies
Dimensionnement et chiffrage
Tabitoo Energies calcule la puissance de chaque installation avant de la chiffrer. Ces articles expliquent ce calcul et les règles qui l’encadrent, aides comprises.
Installateur partenaire nommé au devis. Attestation fluides frigorigènes de l’installateur partenaire.
