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« Et quand il fait vraiment froid, ça chauffe ? » La question revient à presque tous les rendez-vous, souvent une fois le reste réglé. C’est la dernière chose qui retient une famille devant une chaudière en fin de vie, et elle mérite mieux que la réponse qu’on lit partout.
Cette réponse tient en trois lettres : oui. Fabricants et fournisseurs d’énergie la placent en tête de page, elle est exacte, et elle s’arrête très précisément là où votre facture commence. Une pompe à chaleur chauffe par grand froid. Sous une certaine température extérieure, elle ne le fait plus seule : un appoint électrique vient l’épauler, et cet appoint consomme comme un radiateur électrique. Deux nombres décrivent ce moment. La température à laquelle il se déclenche, qu’on appelle le point de bivalence. Puis le nombre d’heures par an où il fonctionnera.
Un devis qui n’écrit ni l’un ni l’autre vous laisse la seule inconnue qui compte.
Ni les aides ni la TVA n’entrent dans cet article : elles sont traitées ailleurs. Ici, on regarde ce que la machine fait en février.
Avant les chiffres, leur statut
Tout ce qui suit sort de notre registre d’études, et ces chiffres ont un statut qu’il faut poser avant de les lire. Les consommations « avant » sont reconstituées à partir des relevés de facturation que les occupants nous ont fournis. Les consommations « après » sont projetées, calculées au COP saisonnier du matériel retenu. Aucune n’est une mesure relevée sur un chantier livré, et nous ne les présenterons jamais autrement.
Les prix de l’énergie sont posés une fois pour toutes sur ce site : 0,25 € TTC le kWh électrique, 0,12 € le kWh de gaz, 0,14 € le kWh de fioul. Ces valeurs bougent ; l’écart de consommation, lui, est structurel.
90 heures
L’étude n° 112, une grande maison au fioul à Meaux, est le cas où la question du froid se pose pour de bon. Maison de 1969, parpaing, combles aménagés, chaudière fioul de 1999 et cuve de 2 000 L au sous-sol : 29 500 kWh par an, 4 130 €. La pompe à chaleur air-eau retenue fait 14 kW.
À cette puissance, l’arbitrage change de nature, et le registre l’écrit noir sur blanc : « Nous dimensionnons au point de bivalence et nous écrivons combien d’heures par an l’appoint électrique fonctionnera. » Sur cette maison, le point de bivalence est fixé à −4 °C et l’appoint électrique est estimé à 90 heures par an.
Moins de quatre journées cumulées, sur une saison de chauffe entière.
90 h/an
Fonctionnement estimé de l’appoint électrique, pour un point de bivalence fixé à −4 °C sur une grande maison au fioul de 1969.
Source : Étude n° 112 du registre Tabitoo, Meaux (77)
Le reste du dossier suit : 8 300 kWh projetés et 2 075 € par an, contre 4 130 € avec la chaudière, soit 2 055 € d’écart annuel. Le simulateur rejoue ce type de calcul sur votre logement, hypothèses en clair.
Faut-il dimensionner pour le pire jour de l’hiver ?
Non.
Le point de bivalence est la température extérieure en dessous de laquelle un appoint vient épauler la pompe à chaleur. Le choisir, c’est arbitrer entre une machine surdimensionnée toute l’année et quelques heures d’appoint par an. Viser le jour le plus froid de la décennie fait grossir la machine, et le budget avec elle, pour quelques heures de service par hiver. Un seuil se discute, se déplace, se justifie. Un seuil passé sous silence, non.
« Ça fonctionne même par temps très froid » : cette promesse-là ne s’oppose à aucun devis. Elle ne dit pas à partir de quand l’appoint entre en jeu chez vous, ni combien d’heures il y reste.
35 °C à Saint-Germain, 50 °C à Argenteuil
Le froid du dehors ne décide pas seul. La température d’eau que réclament vos émetteurs pèse tout aussi lourd sur la saison.
Sur l’étude n° 108, une longère de 1890 à Saint-Germain-en-Laye, rénovée lourdement en 2021, le plancher chauffant basse température est conservé : régime 35 °C, COP saisonnier favorable. Les 26 800 kWh de fioul et 3 752 € par an deviennent 7 400 kWh projetés et 1 850 €, pour 11 kW retenus.
Sur l’étude n° 110, un pavillon de 1981 à Argenteuil, le circuit alimente des radiateurs, avec une isolation d’origine de 60 mm et une chaudière gaz à condensation de 2009 dont l’entretien est à jour. Le réseau tient à 50 °C, et un seul émetteur est remplacé. 16 200 kWh de gaz et 1 944 € par an, contre 4 600 kWh projetés et 1 150 €, à 11 kW également.
Un seul émetteur remplacé. La peur qu’on entend le plus souvent aux rendez-vous, « il faudra changer tous vos radiateurs », n’a pas tenu sur ce pavillon-là. Ailleurs elle tiendra : ce cas ne se généralise pas et nous ne le vendrons pas comme une règle. Le sort des vieux émetteurs est déjà traité dans notre comparatif air-air et air-eau ; ce que l’angle du froid y ajoute tient en une ligne. Le régime d’eau que votre réseau impose commande le SCOP — et le SCOP entre dans l’arbitrage du seuil au même titre que le bâti et la machine. Les −4 °C de Meaux appartiennent à cette maison, à son réseau et à sa machine réunis.
Le SCOP, justement. C’est le même rendement que le COP, moyenné sur toute la saison de chauffe, redoux et grands froids confondus. C’est lui, et non le COP d’affiche, qui détermine la facture réelle. Entre ces deux régimes d’eau, la loi d’eau fait le travail au quotidien : elle ajuste la température de l’eau du circuit à la température extérieure, de l’eau juste assez chaude, jamais plus. Mal réglée, elle chauffe l’eau au-delà du nécessaire les jours de redoux et vous payez la différence. Ce réglage se vérifie comme le reste de la machine, à l’entretien annuel.
Chelles, 1974, rien dans les murs
Plus l’enveloppe est mauvaise, plus les heures froides pèsent lourd. L’étude n° 103 porte sur un pavillon de 1974 sans aucune isolation d’origine, chaudière fioul de 1996, cuve enterrée de 1 500 L : 22 400 kWh, 3 136 € par an. À 11 kW, la projection descend à 6 100 kWh et 1 525 €. La cuve est neutralisée et déposée, le garage récupéré.
Si vous n’avez pas de radiateurs à eau
Tout ce qui précède suppose un circuit d’eau. Sans lui, le dossier change de forme. Sur l’étude n° 109, une maison de ville à Montreuil, la solution retenue est une air-air de 5 kW. Brique de 1950, double vitrage posé en 2015, radiateurs électriques à inertie : 9 200 kWh et 2 300 € par an, contre 5 100 kWh projetés et 1 275 €.
Avec une réserve capitale, publiée sur la fiche : seuls le séjour, la chambre parentale et le bureau sont traités. L’écart chiffré ci-dessus ne vaut donc que sur ces trois pièces. Le reste de la maison garde ses radiateurs à inertie, et la consommation qui va avec, février compris. Ce découpage pièce par pièce a sa méthode, détaillée dans notre guide du dimensionnement, et sa facture, chiffrée dans notre article sur la consommation d’une réversible.
Les trois lignes à exiger
Reprenez le devis posé sur votre table. Trois lignes doivent y figurer, et leur absence est déjà une réponse.
- Le point de bivalence, en degrés. Un nombre, écrit dans le corps du devis.
- Les heures d’appoint estimées sur une saison. Un ordre de grandeur écrit vaut mieux qu’un blanc.
- Le régime d’eau retenu, avec les émetteurs qui le permettent et ceux qu’il faudra remplacer.
Avant même d’en arriver là, l’outil ma facture reprend vos kWh de l’an dernier et en tire l’écart qu’une pompe à chaleur ferait sur cette facture-là.
Le seuil et les heures, écrits dans votre dossier
Calcul de puissance, point de bivalence et heures d’appoint partent avec chaque devis en 24 h ouvrées.
Oui, une pompe à chaleur chauffe par grand froid. La question posée était : à partir de quelle température, pendant combien d’heures, et à quel prix. Ces trois réponses tiennent dans un dossier technique et se calculent avant la signature. Un installateur qui refuse de les écrire vous demande de signer à sa place.
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Bureau d’études Tabitoo
Dimensionnement et suivi de chantier
Les équipes Tabitoo Energies conçoivent chaque installation après une étude de dimensionnement systématique. Nous documentons ici notre expertise pour vous aider à décider en connaissance de cause, sans jargon inutile.
